Poésie

Monsieur Edmond et autres personnages

Francis George-Perrin

Première édition: 2008
Réedition:
Editeur: Editions à la Carte
Nombre de pages: 220
ISBN: 978-2-88464-913-1
CHF 30.00
S emblable à un photographe, l’auteur promène son objectif par les rues de soleil ou de pluie (Sous la pluie, tes pavés bleus ont des rondeurs de femmes), il parcourt la plage et la montagne, s'approche de l'hôpital, entre au bistrot où l'accordéoniste borgne et sa compagne fourbue font danser des couples indifférents aux deux « faiseurs de fête » , s'arrête devant le banc où le clodo « dort tout près de son litron ». Partout des portraits, celui de la petite fille égrenant ses souvenirs devant la maison qu'il a fallu quitter (Il était trop lourd ton panier, petite fille), celui du saisonnier perdu qui demande son chemin (Il est reparti avec plein de rêves... La brume l’a repris) , celui des vieux qui n'ont que de pauvres mots, mais si beaux, si purs dans leur dénuement, pour dire l'amour et l'espérance (Dis-moi qu'un jour on demeurera deux...). Car il y a aussi des poèmes d'amour, aux accents ardents autant que douloureux parfois (Absente que tu es de moi, absent que je me sens de toi. ..). Il est des titres énigmatiques, d'autres qui se veulent amusants, certains sont trompeurs. Et puis il y a ceux qui annoncent clairement la couleur, le contenu du récit. Ainsi en est-il de Monsieur Edmond et autres personnages Avec un tel titre, tout est dit. Car c'est bien à des êtres plus qu'à des péripéties que Francis George s'intéresse dans ses nouvelles. En cela, il est fidèle aux exigences du genre. La nouvelle exige de la concision. Rien ne lui convient mieux que le lieu clos, le temps limité, l'action minimale. Toute l'attention se focalise sur une figure centrale, protagoniste ou jouet des événements. Plus souvent victime, d'ailleurs, que responsable. C'est pourquoi le climat de la nouvelle, presque toujours, baigne dans le registre grave. Celles que nous propose Francis George ne font pas exception. Ses portraits d'hommes et de femmes, composés de multiples touches habilement orchestrées, nous les montrent sans complaisance, dans toute la vérité de leurs traits physiques. Mais surtout ils nous rendent sensible ce qu'il y a de plus profond en eux, caractère, désirs, aspirations, craintes sournoises, rancunes secrètes, amours inavouées, douleurs muettes. Dans cette délicate exploration des motivations cachées, Francis George excelle. Il y met beaucoup de tact, cette qualité de plus en plus ignorée de la littérature contemporaine. On sent en lui de la compassion pour les êtres dont il nous invite à partager, en quelques pages, un épisode de leur vie grise, sans remous. Ses personnages, il les prend parmi les humbles, les sans grade, les laissés-pour-compte. Des gens très ordinaires, des gens que l'on dit sans histoires. Pas des héros, oh non! Ni des excentriques ni des criminels. Rien d'exceptionnel en eux, seulement des petites manies, des tics, des habitudes inoffensives, encore qu'elles puissent agacer leur entourage. Est-ce à dire qu'il ne leur arrive rien? Rien de spectaculaire, en effet Quelques changements mineurs dans leur milieu, des rencontres, et ces événements banals qui jalonnent toute existence : la mise à la retraite, un déménagement, un voyage. Jacques Bron

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