Histoire, Traditions et Patrimoine

Général Antoine-Henri Jomini

Chardonnens Alain

Première édition: 2007
Réedition:
Editeur: Editions à la Carte
Nombre de pages: 208
ISBN: 978-2-88464-883-7
CHF 35.00
Recueil de souvenirs pour mes enfants Les Mémoires inédits du général Antoine-Henri Jomini, général au service de Napoléon et des tsars Alexandre I er et Nicolas I er Un événement éditorial : la publication des mémoires inédits du général Antoine-Henri Jomini. L’historien Alain Chardonnens, auteur de plusieurs publications sur le Premier Empire, a retranscrit le manuscrit des souvenirs à l’occasion des festivités et de l’exposition qu’a consacrées la ville de Payerne en 2007 au célèbre général. Les premières années Antoine-Henri Jomini est né à Payerne le 6 mars 1779. De par sa volonté et son audace, il devient lieutenant des troupes helvétiques et adjoint du ministre de la Guerre de la République helvétique. Promu capitaine en 1799, puis chef de bataillon en 1800 pour son zèle, Jomini quitte sa charge en 1801 et se lance dans la rédaction du « Traité de grande tactique ou relation de la guerre de sept ans », dont les deux premiers volumes paraissent en 1804. Le maréchal Michel Ney, qui a pris connaissance du contenu de l’ouvrage, le nomme aide de camp volontaire à Boulogne. C’est le début pour le Vaudois d’une longue carrière au sein de la Grande Armée. Au service de Napoléon Napoléon, appréciant les comparaisons que Jomini établit entre la stratégie de Frédéric II et la sienne, le fait appeler à Mayence en septembre 1806. Il participe aux campagnes d’Allemagne (1805), de Prusse (Iéna, Auerstaedt, Pulstuk en 1806), de Pologne (Eylau en 1807) et d’Espagne (avec le grade de général de brigade). Napoléon le fait baron d’Empire en juillet 1808. Durant la campagne de Russie de 1812, Jomini est nommé gouverneur de Vilna, puis de Smolensk. Dans le camp russe L’année 1813 marque un tournant important dans sa vie. Après n’avoir pas reçu l’avancement espéré, ulcéré, il quitte la Grande Armée et se rend – avec raison – auprès du tsar Alexandre I er qui le nomme lieutenant général et en fait son aide de camp. Par la suite, le nouveau tsar Nicolas I er le nomme général en chef en 1826. Jomini participe comme conseiller à la campagne de Turquie de 1828. Il enseigne au prince-héritier russe les sciences militaires, le « Précis de l’art de la guerre » qu’il a écrit lui servant de manuel. En 1855, Jomini se retire à Paris pour y passer la fin de ses jours et meurt à Passy en 1866. A signaler que les préceptes stratégiques de Jomini figurent toujours à l’heure actuelle au programme des Académies militaires. Le contenu des mémoires Dans son « Recueil de Souvenirs pour mes enfants », Jomini raconte ses premières années à Payerne et en Suisse, ses études difficiles, la rédaction de ses premiers textes historiques, son action au sein de la République helvétique, sa rencontre avec le maréchal Michel Ney dont il devient l’aide de camp, le déroulement des batailles de Iéna, Auerstadt, Pulstuk, Eylau, ses entretiens avec Napoléon, les basses manœuvres menées par le major général Alexandre Berthier à son encontre et les combats menés durant la Guerre d’Espagne. Général Antoine-Henri Jomini : Recueil de souvenirs pour mes enfants, volume 1, Des premières années à la Guerre d’Espagne (1779-1810), texte établi et présenté par Alain Chardonnens. Payerne, Société suisse d’études napoléoniennes, 2007, 212 p. ISBN 978-2-88464-883-7 Cet ouvrage est en vente chez Alain Chardonnens: tél. +41 (0)26.675.40.25 au prix de CHF 35.- ou € 20.- La presse en parle... Mémoires de Jomini enfin publiés Oubli réparé, Alain Chardonnens, historien, publie les mémoires du général. Par René Cusin Né à Payerne le 6 mars 1779, à la Grand-Rue 48, le général Antoine-Henri Jomini, «le devin de Napoléon», a publié de nombreux traités qui font encore aujourd’hui référence dans le monde militaire. Mais jamais, un ouvrage fut consacré aux mémoires de ce grand homme, Payernois de pointure mondiale. L’année 2007 aura été celle du général Jomini. D’une part avec les 1000 m2 d’exposition qui lui furent consacrées au Musée et, d’autre part, avec les manifestations annexes, concert de la Musique de la Garde impériale et 3 e Régiment suisse napoléonien. Toutefois, les Broyards connaissent mal ce général qui aura servi Napoléon puis le Tsar de Russie. Les historiens français et vaudois l’accusent depuis des décennies d’avoir trahi Napoléon en 1813 et d’être passé dans le camp russe. Pour mieux connaître la vision des choses du général, Alain Chardonnens, jeune historien de Domdidier, lui donne la parole, chose qui n’avait jamais été faite auparavant puisque la publication de ces mémoires est inédite. Avec cette publication, qui devrait être suivie d’une seconde l’an prochain, Alain Chardonnens cherche à réhabiliter le général afin que les Broyards soient fiers du parcours et du travail d’Antoine-Henri Jomini. Un ouvrage intéressant et inédit, plein d’anecdotes et de découvertes. Général Antoine-Henri Jomini, Recueil de souvenirs pour mes enfants, volume I. En librairie (Cantin à Payerne, La Gare à Domdidier) ou par téléphone au 026 675 40 25. Prix: 35 francs. Source : Cusin , René : « Mémoires de Jomini enfin publiés » , La Broye Hebdo, 24 janvier 2008, page 9. ***** Les Mémoires inédits du plus célèbre des Broyards Réhabiliter Jomini L’année 2007 aura été celle du général Jomini. En effet, plus de 1'000 m2 lui ont été consacrés lors d’une superbe exposition à l’abbatiale. Toutefois, les Broyards connaissent mal ce général qui aura servi Napoléon, puis le tsar de Russie. Les historiens français et vaudois l’accusent depuis des décennies d’avoir trahi Napoléon en 1813 et d’être passé dans le camp russe. Pour mieux connaître la vision des choses du général, nous lui donnons pour la première fois la parole, chose qui n’avait jamais été faite auparavant puisque ces mémoires sont inédits. Comment a-t-on pu juger le témoin sans l’avoir entendu ? En éditant ces mémoires, Alain Chardonnens, historien de Domdidier, cherche à réhabiliter le général. De terribles maux Dans son « Recueil de souvenirs pour mes enfants », dont plusieurs copies dactylographiées figurent en bibliothèque, tant en France qu’en Belgique, l’officier tente de se disculper. Il termine son « Recueil de souvenirs » en 1866 quelques années avant sa mort. De terribles maux accablent le vieillard : « Si je ne marchais pas à si grands pas vers la ta tombe je rédigerais encore cet aperçu de manière à ce qu'il fut possible de le publier un jour; mais les maux qui m'accablent ne me laissent pas assez de liberté d'esprit pour soigner cet ouvrage; je ne le rédigerai donc que pour vous. Peut-être me déciderai-je pour le rendre moins monotone à employer tour à tour les formes épistolaires, celle d'une narration ordinaire, et même les fictions romantiques qui ont immortalisé le Diable boiteux de Lesage. Quoique ma mémoire soit fort ébranlée je ne dirai jamais que la vérité. Je pourrai omettre quelque erreurs de détails; mais je puis jurer que dans le fond tout sera de la plus stricte et impartiale vérité ». L es premières années à Payerne « Je suis né le 6 mars 1779 à Payerne, petite ville libre du pays de Vaud en Suisse. Mon aïeul maternel et mon père en étaient les deux premiers magistrats et quoique disent cinq à six familles, restes de la domination féodale des Ducs de Savoie, cette magistrature était la seule noblesse et nota­bilité que l'on connut et que l'on connaisse encore dans ce pays ». Concernant ses parents : « Ma mère était une femme d'un esprit remarquable. Mon père passait pour le Nestor du pays; il était assez riche pour m'élever avec tous les soins que mes facultés précoces auraient pu lui inspirer et assez sévère pour déployer toute la fermeté que mon caractère impétueux et violent rendait évidemment nécessaire ». U n mauvais apprentissage « Mon père décida dès lors que je me vouerai à la carrière des finances et par une de ces économies trop déplorables en pareille circonstance, au lieu de m'envoyer à l'académie de Lausanne, où l'on recevait une bonne éducation, il se hâta de m'envoyer à l'âge de quatorze ans à Aarau pour apprendre à la fois l'allemand et les calculs du haut commerce et des finan­ces. Pour surcroît de malheur on se trompa de pension et au lieu de m'envoyer à l'institut qui était assez bon, on me plaça dans une pension au rabais dont le chef, brave homme du reste, était l'ours le plus mal léché qu’il fut possible de rencontrer et auquel, malgré me quatorze ans, j'aurais pu servir de précepteur plutôt que de disciple. J'y passai 15 mois pour le plus grand malheur de ma vie, et je fus trans­féré de là à Bâle où je n'étais pas tombé en de meilleures mains ». Au ministère de la Guerre Jomini a le verbe facile et se fait rapidement remarquer alors qu’il n’est âgé que de 20 ans par le chef du département militaire de la nouvelle République helvétique : « Je devins en peu de mois la bras droit de son successeur Repond, sous le titre de secrétaire général de ce département avec le grade de capitaine. Tout était à créer dans un pays où il y avait autant d'organisations militaires différentes que de cantons, et qui n'avait jamais eu de troupes soldées sur pied. Je puis avec quelque satisfaction porter mes souvenirs sur les services que j'eus le bonheur de rendre à l'Helvétie et qui me valurent la confiance de mes supérieurs au point qu'on me nomma Chef de bataillon à l'âge de 20 ans. (…). Au nombre de mes services il me sera permis de compter d'avoir puissamment contribué à l'organisation des contin­gents qui combattirent si bravement à Frauenfeld, à Zurich et sur l'Aar. Ce fut sur mes mémoires au ministre et mes rapports en son nom au Directoire que fut levé ce corps de grenadiers d'élite qui concourut à la fin de 1799 à la défense du Simplon et du Saint-Bernard de concert avec le général Thureau ainsi que la Légion qui prit une part glorieuse à la bataille de Zurich ». La rencontre avec le Maréchal Ney Une rencontre déterminante : le Maréchal Ney à qui Jomini offre l’un de ses livres d’histoire : « Le Maréchal Ney étant venu au couronnement de Napoléon, je lui présentai ce premier volume en lui demandant un batail­lon dans les nouveaux régiments suisses qu'il allait, disait-on, organiser. Cette organisation étant encore éloignée, il m'offrit de me prendre en qualité d'aide de camp volontaire, sauf à me faire mettre en pied comme chef de bataillon dès que la guerre éclaterait. Cette destination était celle que j'ambi­tionnais le plus au monde et je partis aussitôt après le cou­ronnement pour le camp de Boulogne, après avoir confié au li­braire Michaud l'impression de mon ouvrage ». Sa rencontre avec Napoléon qui le remarque Une autre rencontre déterminante : celle de Napoléon, en 1805, à qui, en plein combat, donne des renseignements capitaux sur le cours des opérations : « L'Empereur avait galopé si vite qu'il n'était suivi que de son mameluk et d'un aide de camp, (autant qu'il m'en sou­vient c'était Rapp.) Il était couvert d'une couche de boue comme s'il fut tombé de cheval; sa capote grise, sa figure, son cha­peau ne présentaient qu'une même teinte; la pluie avait sillonné sur sa figure des ravins terreux; ce n'était guère qu'à la coupe de son chapeau, à son cheval arabe et au son de sa voix qu'on pouvait le reconnaître. (…). Je l'abordai franchement par ces mots: « Sire, Votre Majesté a demandé où était le Maréchal; il a volé au pont d'Elchingen, où se fait entendre une canonnade entre la division, Malher et les ennemis. – Et le reste de votre corps, savez-vous où il est? A-t-on des nouvelles de Dupont? – Oui, Sire, la division Dupont se retire sur la Brenz, et c'est sans doute en la suivant que les Autrichiens ont réoccupé Elchingen dont la brigade Marcognet leur dispute le pont. Toute la division Malher s'y rassemble; celle de Loison y sera dans une heure et j'attends ici celle de Gazan pour la conduire aussi à Falheim, si elle nous arrive. – Etes-vous sûr de ce que vous me dites là, jeune homme? – Votre Majesté voit bien que j'en suis certain. Je dois ajouter que l'intention du Maréchal est de reprendre Elchingen au point du jour s'il ne peut même le réoccuper ce soir. – A la bonne heure! s'écria Napoléon, voilà de bonne besogne, et que diable me disait donc Murat?... Si j'avais su cela... » Il s'arrêta là, mais à son air satisfait on voyait bien qu'il voulait dire: « Si j'avais su cela je ne me serais pas mis sur les dents pour une course inutile et par un temps pareil pour vous ordonner ce que vous exécutez déjà. » Quoiqu'il en soit, il tourne bride, part au grand galop, et son cheval me couvre de boue comme s'il eut été jaloux que je fusse moins crotté que lui. Le devin Jomini, sachant lire les cartes topographiques à la perfection et anticiper les mouvements de l’adversaire, aime se faire voir comme un devin, comme en témoigne le dialogue qui se déroule entre lui et Napoléon : – « C'est bien, allez-vous reposer. Je vous ai appelé pour vous attacher à ma personne; vous resterez avec moi. – Sire, comme j'étais loin de m'atten­dre à cet honneur, je n'ai pris aucun arrangement pour cela; je demanderai donc la permission de retourner au corps du Maréchal Ney et je pourrai rejoindre Votre Majesté dans quatre jours à Bamberg. A ces mots, la figure de Napoléon se rembrunit et en faisant un geste en arrière comme s'il eut voulu reculer, il me dit d'un ton de voix presque menaçant « Qui vous dit que je vais à Bamberg? » – Sire, c'est la carte d'Allemagne et vos opérations d'Ulm et de Marengo, pour faire au Duc de Brunswick ce que vous avez fait à Mack et à Melas, ce n'est que par Bamberg qu'on peut réussir à le faire, car toute autre route mènerait à un résultat contraire. Napoléon fort surpris me dit: « C'est Juste. Soyez donc le 8 à Bamberg, mais n'en dites rien à qui que ce soit, pas même à Berthier, car personne ne doit savoir que je veux aller de ma personne à Bamberg ». Les jaloux cassent la carrière de Jomini Alexandre Berthier, le major général, est jaloux des initiatives prises par Jomini. Il se livre alors à de basses manœuvres à son encontre, qui conduiront le Vaudois à rejoindre le camp russe. En effet, Berthier, au lieu de le nommer, comme convenu, chef d’Etat-major, lui confère le simple grade de sous-chef. Dans ces conditions, Jomini envoie sa démission à l’Empereur : « Lorsque l'Empereur sortit de son cabinet pour entrer dans le grand salon, je me trouvais comme tenant à sa maison militaire, un des plus voisins: il vint à moi d'un air courroucé et me disant: « Comment avez-vous osé m'écrire une lettre pa­reille en me jetant votre démission à la face? – Je me hâtai naturellement de m'excuser en repoussant la pensée d'avoir jamais voulu offenser Sa Majesté, mais observant que la po­sition qui m'était faite ne me laissait pas d'autre parti que celui de me retirer. – « Et comment avez-vous pu supposer un instant, répliqua l'Empereur, que je récompensais si mal les gens qui me servent bien? » Je fis mine de tirer le bre­vet que j'avais dans ma poche, mais l'Empereur ajouta vive­ment: « N'avez-vous pas vu que c'était une faute de Berthier? » Le Prince qui accompagnait toujours l'Empereur se glissant derrière moi me dit à l'oreille: « Ne répliquez pas et passez chez moi après la messe. » L'Empereur avait déjà repris sa marche en adressant quelques paroles à mes voisins. Je le suivis à l'Eglise et me trouvai par hasard placé dans une des premières tribunes à droite de Sa Majesté, ce qui me mit plus d'une fois dans le cas d'échanger avec elle des regards que je n'oublierai de ma vie. Aussitôt après la messe, je me rendis chez le Prince de Neuchâtel: il me reprocha d'avoir écrit à l'Empereur au lieu de m'adresser à lui suivant l'ordre hiérarchique. – « Mais Mon­seigneur j'étais attaché directement à Sa Majesté et ne pou­vais m'adresser qu'à elle. – Le Prince ajouta: C'est un malen­tendu causé par une erreur de Dufresne (Intendant militaire chef de ses bureaux) et il est déjà réparé puisqu'en rentrant à Paris vous trouverez chez vous le brevet de chef d'Etat-major, ce qui vous fera regretter votre précipitation. J'avais reçu une invitation à dîner chez le grand Maréchal du Palais et une pour le théâtre du soir, mais je partis avant la fin et rentrai à Paris à deux heures du matin où je trouvai en effet le brevet; il venait d'arriver apporté par une esta­fette qui était partie plusieurs heures après ma conversa­tion avec Berthier. – Dix ans plus tard après la restauration Dufresne me jura qu'il n'était point coupable du prétendu mal­entendu, car le Prince lui avait positivement ordonné l'envoi d'un brevet de sous-chef, désirant conserver l'emploi de chef à son favori D.... ». Utile Général Antoine-Henri Jomini : « Recueil de souvenirs pour mes enfants. Volume 1 : Des premières années à la guerre d’Espagne, 1779-1810 », édité par Alain Chardonnens. Payerne, Société suisse d’études napoléoniennes, 2007, 212 p. En vente : auprès de l’éditeur au 026.675.40.25 au prix de Fr. 35.- Source : Pignard , Daniel : « Les Mémoires inédits du plus célèbre des Broyards », Feuille d’Avis d’Avenches et Journal du Vully et environs , 15 janvier 2008. ***** Les Mémoires de Jomini, un immense oubli réparé PAYERNE - L’historien Alain Chardonnens publie pour la première fois les «souvenirs» d’Antoine Jomini, le bras droit de Napoléon. Il veut réhabiliter le stratège, trop souvent accusé de traîtrise. Par Patrick Chuard Le général Jomini, devin de Napoléon, fut l’auteur d’un fameux Précis de l’art de la guerre. Manuel que les grandes armées du monde appliquent toujours, un siècle et demi après sa mort. «L’approche stratégique américaine est avant tout jominienne», lit-on sur le site historique www. memo.fr. Jomini était donc bel et bien un génie de la guerre, injustement moins connu que son contemporain Clausewitz. Et pourtant les Mémoires de ce Payernois de pointure mondiale n’ont jamais été publiées! «Aussi incroyable que cela puisse paraître, ces écrits n’ont jamais été publiés intégralement, mais toujours sous forme de citations, très souvent tronquées», explique Alain Chardonnens, historien broyard. Jusqu’à présent on ne trouvait ces «souvenirs» que sous forme de manuscrits dans quelques bibliothèques suisses et européennes. Cette injustice est désormais réparée avec la parution ces jours d’un premier volume qui devrait être suivi d’un second dès 2009. Antoine Jomini y raconte sa vie, sa carrière, il s’explique et commente largement son parcours. On y lira pourquoi, en 1813, ce haut gradé abandonne le camp impérial français pour se mettre au service du tsar. «Il était victime de basses manœuvres dirigées par le major général Berthier à son encontre», écrit Alain Chardonnens dans la préface. H istoriens injustes Ce changement d’employeur a souvent fait paraître le général comme un traître. «C’était l’avis de beaucoup d’historiens suisses et français. » Est-ce l’une des raisons pour lesquelles les «souvenirs» de Jomini n’ont jamais été publiés? L’entreprise d’Alain Chardonnens se veut une réhabilitation. «Il est temps de redécouvrir ce texte, dit-il, afin d’en saisir la portée, tant stratégique – méconnue – qu’autobiographique – tronquée par ses biographes. On est en 2008, et même Glaris a réhabilité sa sorcière, plaide Alain Chardonnens. Qu’est-ce qu’on attend pour faire de même avec Jomini?» Napoléon lui-même, dans son Mémorial de Saint-Hélène, avait lavé Jomini du soupçon de traîtrise. En premier lieu parce qu’il n’était pas de nationalité française. Pour Alain Chardonnens, «il est temps que les Broyards soient fiers du parcours et du travail de Jomini». L’an dernier, Payerne avait consacré une grande exposition à son ressortissant, événement qui a surtout attiré des spécialistes. «On a fait 1600 entrées, c’est moins que pour une exposition de peinture… Ecrivez le résultat en lettres, ça fera mieux», conseille le conservateur de l’abbatiale, Daniel Bosshard. Note:Général Antoine-Henri Jomini, Recueil de souvenirs pour mes enfants, volume I. En librairie ou par téléphone au 026 675 40 25. Prix: 35 francs. S ource : Chuard, Patrick : « Les Mémoires de Jomini, un immense oubli réparé », 24 Heures , 10 janvier 2008, p. 23.

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